Sept villes, une montagne, une baie abritée
Kaštela n'est pas une localité unique, mais une chaîne de sept petites villes qui s'étire sur environ 15 kilomètres entre Split et Trogir. Chacune s'est développée aux XVe et XVIe siècles autour d'un château fort, construit par des familles nobles comme les Cipiko, les Vitturi et les Cambi comme résidence d'été et comme protection contre les incursions ottomanes. Aujourd'hui, ces noyaux anciens se serrent au bord de l'eau, séparés par des promenades côtières, des criques de galets, des ports de pêche et des konobas.
Dans leur dos se dresse le Kozjak, une longue crête karstique qui protège la riviera au nord. Devant s'ouvre le Kaštelanski zaljev, une baie abritée orientée au sud. Cela explique pourquoi la mer y reste généralement plus calme que sur la côte ouverte.
Juste devant la porte : les plages de Kaštela
Si vous séjournez dans une villa de vacances à Kaštel Stari, le premier lieu de baignade se trouve le plus souvent à quelques minutes à pied. Précisons-le d'emblée, pour éviter toute déception : ce sont des galets, pas les Caraïbes. Des galets fins et clairs, complétés par endroits par des terrasses bétonnées — c'est le standard dalmate, pas un défaut. Prenez des chaussures de bain : indispensables pour les enfants, mais utiles aussi aux adultes à l'entrée et à la sortie de l'eau.
Kaštel Stari et la promenade
En plein centre de Kaštel Stari se trouvent les plages Đardin (aussi appelée Paićevo) et Palac : galets fins, terrasses solarium en partie bétonnées, cafés à l'arrière et le chemin du bord de mer juste à côté. Étroites, mais toutes proches — parfaites pour un plongeon avant le petit-déjeuner ou vers 18 heures, quand les visiteurs de la journée sont partis et que la lumière s'adoucit.
La promenade du bord de mer est le véritable trésor de la région. Depuis Kaštel Stari, vous pouvez marcher des kilomètres le long de l'eau dans les deux directions, entre clochers, palmiers et vieux murs de château, sans traverser une seule route principale. Avec une poussette, c'est praticable sur de longues portions — vous en saurez plus dans notre guide des vacances avec un bébé en Croatie.
Kaštel Štafilić et Kaštel Lukšić
- Bile (Kaštel Štafilić) : l'une des plus belles plages de la riviera, galets à l'ombre des pins, un café-bar et des douches, de la place même en plein été.
- Gabine (Kaštel Štafilić) : plage de galets près de l'ancienne tour Nehaj, avec de la musique au bar de plage le soir.
- Šumica (Kaštel Lukšić) : galets, aire de jeux et terrain de beach-volley, bien pour les familles avec de grands enfants.
- Ispod Suda (Kaštel Lukšić) : entrée en pente douce, arbres au ras de l'eau — l'un des rares endroits offrant une ombre fiable l'après-midi.
Quant à la qualité de l'eau : le Kaštelanski zaljev traîne depuis les années industrielles une réputation douteuse qui ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui. Les eaux de baignade sont analysées officiellement chaque saison et les résultats sont publics — mieux vaut les consulter que se fier à de vieilles histoires.
Trogir et Čiovo : animé ou tranquille, à votre guise
La vieille ville de Trogir occupe une île entre le continent et Čiovo et figure au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour se baigner, la plupart poussent jusqu'à Okrug Gornji, sur Čiovo. La plage de Toć — que tout le monde appelle simplement « Copacabana » — mesure environ deux kilomètres, en galets, avec une promenade continue, des douches, la location de transats et de parasols, ainsi que des bars et des restaurants à l'arrière.
Attendez-vous à son caractère : c'est la plage festive de la région, bruyante, bondée et jeune en juillet et en août. Si vous préférez le calme, continuez simplement vers l'ouest sur Čiovo — des criques comme Mavarčica ou Krušica sont plus petites, plus rocheuses et nettement plus calmes, mais sans aucune infrastructure. Autour d'Okrug, le vrai problème en haute saison, c'est le stationnement : arrivez avant 10 heures ou prenez le bateau-taxi depuis Trogir.
Split : du sable, des pins et une montagne en ville
Bačvice
Bačvice est la seule véritable plage de sable de la région, longue d'environ 270 mètres et exceptionnellement peu profonde — on a l'impression de marcher indéfiniment avant que l'eau n'arrive à la poitrine. C'est précisément pour cela qu'on y joue au picigin, le jeu de balle des Splitois dans l'eau jusqu'aux genoux. Idéal pour les tout-petits, beaucoup moins pour les nageurs ambitieux. La plage est à dix minutes à pied de la vieille ville et les places de stationnement sont rares : venez en bus ou en train depuis Kaštela et laissez la voiture.
Marjan et Kašjuni
Le Marjan, la presqu'île boisée à l'ouest de la vieille ville, est le poumon vert de Split. Le circuit fait environ huit kilomètres pour quelque 250 mètres de dénivelé ; le point culminant est le Telegrin (178 m), avec son ancienne station télégraphique napoléonienne. Sous les pins, la chaleur reste supportable même à midi. Sur la rive nord se trouve la plage ombragée de Bene, sur le versant sud Kašjuni : galets, eau claire, paroi rocheuse dans le dos.
Kašjuni est exposée au sud, voire au sud-ouest : l'après-midi y reste longtemps ensoleillé, et le petit parking se remplit vite en juillet et en août — surtout le samedi après-midi. Venez tôt ou en soirée : c'est de toute façon à ce moment que la lumière sur l'eau est la plus belle.
Le Kozjak : la vue sans l'effort
Le Kozjak est sous-estimé. Son point culminant, Veli vrj à 779 mètres, domine Kaštel Gomilica ; tout le massif est parcouru de sentiers balisés et compte plusieurs refuges. Deux objectifs fonctionnent bien en famille :
- Sveti Ivan Biranj (631 m), le sommet principal occidental, avec une chapelle. Depuis le col de Malačka (466 m), comptez une bonne quarantaine de minutes par la crête, soit environ une heure et demie aller-retour. D'en haut, les sept Kaštela, l'aéroport et Split s'étendent à vos pieds.
- Sveti Jure (676 m), à environ deux heures depuis Kaštela, avec une petite église au sommet — et, disons-le, un pylône d'antennes qui gâche la carte postale. La vue sur le Mosor, Klis et les îles compense largement.
En été, partez tôt : à partir de 10 heures au plus tard, le versant sud se transforme en poêle à frire. Le printemps et l'automne sont la vraie saison de randonnée. Emportez de l'eau : sur le karst, il n'y a aucune source en chemin. Vous trouverez d'autres itinéraires et régions dans notre guide de voyage de la Croatie.
Sur l'eau : le Lagon bleu près de Drvenik Veli
Le Lagon bleu s'étend entre les îlots de Krknjaši Mali, Krknjaši Veli et Drvenik Veli, à une bonne heure de bateau à l'ouest de Trogir. L'eau y est peu profonde et turquoise sur un fond clair — pour une fois, l'image de carte postale est exacte. Ce que les photos ne montrent pas : à partir de la fin de matinée, les bateaux d'excursion de Split et de Trogir mouillent les uns contre les autres, et il n'y a pour ainsi dire aucune ombre au bord de l'eau.
Partez donc tôt, de préférence en petit bateau, ou reportez l'excursion à juin ou à septembre. Protection solaire, chapeau et eau potable en quantité sont ici indispensables.
Excursion à la journée : le parc national de Krka
Le parc national de Krka se rejoint en une bonne heure depuis Kaštela par l'A1. Le sentier principal longeant les cascades de Skradinski Buk emprunte environ 1,9 kilomètre de passerelles en bois, pour lesquelles il faut compter une heure et demie à deux heures. À savoir : à Skradinski buk, la baignade est interdite depuis le 1er janvier 2021. Elle n'est autorisée qu'à trois endroits signalés – Roški slap, Stinice et Pisak – et uniquement du 1er juin au 30 septembre. Prévoyez donc ici une journée de marche, pas une journée de baignade.
Pour 2026, le parc annonce des tarifs échelonnés : en haute saison, de juin à septembre, 40 euros pour les adultes et 15 euros pour les enfants de 7 à 18 ans (après 15 heures, respectivement 30 et 11,25 euros), nettement moins hors saison. Les prix et les horaires changent chaque année — vérifiez-les sur le site officiel du parc avant de partir. Venez si possible tôt le matin : en juillet et en août, les passerelles sont très fréquentées dès la fin de la matinée.
Vent, météo et bonne heure de la journée
Trois vents rythment l'été dalmate, et les connaître permet de mieux s'organiser :
- Maestral : le vent d'été typique, de nord-ouest. Il se lève vers dix heures, atteint son maximum en début d'après-midi et faiblit au coucher du soleil. Agréable contre la moiteur, mais à partir de midi il lève un clapot sur les plages exposées.
- Bura : froide et sèche, de nord-est, rare en été et durant le plus souvent de quelques heures à deux jours. Elle apporte une visibilité limpide au loin — le meilleur jour pour le Kozjak.
- Jugo : chaud et humide, de sud-est, avec nuages, pluie et mer plus formée. Ce sont les jours pour Trogir, Split, les musées et les longs déjeuners.
Comme le Kaštelanski zaljev est ouvert au sud et couvert au nord, l'eau y reste étonnamment calme par Bura, alors que ça éclabousse déjà sur la riviera de Trogir. Et les jours où le Maestral forcit trop ou quand la mer est trouble après un Jugo, la piscine privée reste la solution la plus détendue — toutes les villas de Trawelltopia disposent d'une piscine privée, et la promenade de Kaštel Stari reste malgré tout accessible à pied.
En résumé
- Emportez des chaussures de bain pour tout le monde — les galets et les oursins sont la règle, le sable l'exception.
- L'ombre est rare : prévoyez un parasol ou une tente de plage, surtout pour les tout-petits.
- Avant 10 heures et après 17 heures, les plages et les parkings sont partout plus tranquilles.
- Bačvice pour les tout-petits, Toć à Okrug Gornji pour l'animation, les criques de Kaštela pour les trajets courts, Kašjuni et Bene pour l'ombre des pins.
- Réservez la montagne et le parc national au petit matin, et la mer à la fin de l'après-midi.
C'est exactement ce mélange qui fait la région entre Split et Trogir : le matin un sommet avec vue sur sept villes, à midi une plage de galets à cinq minutes de la porte, le soir un verre de vin sur la terrasse pendant que la promenade se remplit doucement en contrebas.